La démission intervient souvent chez les salariés qui ont trouvé de meilleures opportunités ailleurs. Ces salariés ont tout intérêt à écourter leur présence dans l’entreprise qu’ils quittent et par voie de conséquence, à limiter leur durée de préavis. La question qui se pose est donc de savoir si négocier facilement sur ce point est envisageable.

 

La durée normale du préavis

Déjà, il faut savoir que la loi n’a pas expressément arrêté une durée légale de préavis à l’exception des professions réglementées. Cette durée est alors consignée dans la convention collective qui sera d’ailleurs écartée soit face aux stipulations contractuelles, soit face à la durée de préavis prévue dans le contrat de travail.

Toutefois, la tendance est que pour le cadre, la durée est de 3 mois contre 1 mois pour un employé et une semaine pour lorsqu’il s’agit d’un ouvrier. Quoi qu’il en soit, il appartient à chaque salarié de s’enquérir de la législation qui le concerne.

 

La suspension de l’exécution du préavis

Un salarié qui pose sa démission pendant qu’il se trouve en période de congé n’aura son préavis effectif qu’à partir de la fin de son congé. Il ne peut donc pas considérer son absence pour congé comme constitutive de préavis.

Le préavis doit toujours être exécuté sauf lorsque le démissionnaire est une femme enceinte ou lorsqu’elle prend cette décision pour pouvoir élever son enfant. Il n’y a pas non plus préavis après un congé pour création d’entreprise ou durant une suspension contractuelle pour maladie professionnelle ou pour congé de maternité.

Depuis la loi Sapin, le préavis n’a pas non plus à être exécuté chez les bénéficiaires de mobilité volontaire sécurisée.

 

Le départ du préavis

Un préavis court dès lors que l’employeur aura été notifié de la démission. Il s’agira soit de la date d’envoi de la lettre soit de la date de remise directe de la lettre de démission contre remise par l’employeur d’une attestation datée.

 

La diminution de la durée du préavis

Lorsqu’un salarié demande que sa durée de préavis soit écourtée et que l’employeur s’y oppose, le salarié n’a d’autre choix que de respecter son préavis. Autrement, il sera astreint au paiement de dommages-intérêts représentant le salaire dû pendant la période de préavis.

Ce paiement doit cependant être prévu dans la convention collective ou dans le contrat de travail. Il arrive que la convention collective permette des absences pendant le préavis et ce, pour permettre au salarié de trouver un nouvel emploi.

Si l’employeur décide d’écourter la durée du préavis, le salarié n’aura encore d’autre choix que de s’y plier, sauf qu’il percevra ses indemnités compensatrices de préavis jusqu’à la date prévue pour la fin du contrat.

 

La conduite à adopter

En matière de démission, il est toujours souhaitable d’assurer son emploi futur avant de se lancer. Autrement, le minimum est de préserver une bonne relation avec son actuel employeur et ce, en prévision du futur.

Si le but est de réduire la durée du préavis, la meilleure façon d’y arriver est encore de faire preuve de souplesse et d’aider l’employeur à assurer votre remplacement.

La démarche la plus prometteuse est de laisser passer quelques jours après l’annonce de la démission avant de se hasarder à demander une réduction de durée de préavis. Le choc accusé par l’employeur ne pourra alors qu’être amoindri.

De même, jouer la carte de l’ouverture et évoquer le désir de partir bien avant de démissionner peut aussi créer des conditions favorables à la réduction du délai de préavis.

En tout cas, il ne faut pas oublier que face à un salarié démotivé, le souci de l’employeur est d’assurer sa relève et de réussir la passation avec le nouveau salarié. En l’aidant dans ce sens, on a plus de chance de faire passer un délai de préavis réduit.