Le projet de création d’entreprise est bien avancé, la prochaine étape est de lui donner vie : pour cela, de nombreuses formalités doivent être effectuées mais elles ont été énormément simplifiées depuis quelques années. 

Que ce soit en ligne sur internet ou physiquement auprès d’un établissement, il n’y a qu’une seule adresse à retenir : le Centre de Formalités des Entreprises (CFE). La création d’une entreprise est une aventure avant tout humaine qui nécessite de la motivation, de la réflexion et une prise de conscience des enjeux. L’entrepreneuriat n’est pas réservé à une catégorie de personnes : potentiellement, on peut tous devenir entrepreneur mais être un entrepreneur qui réussit n’est pas offert à tout le monde.Pour cela, il faut une idée qui a du sens, une bonne préparation de toutes les étapes de la création de l’entreprise et être à l’affut des opportunités qui se présentent.

 

Trouver l’idée

Si la majorité des entrepreneurs le deviennent en mettant en œuvre une idée qu’ils couvaient depuis longtemps, il ne faut pas négliger la part de ceux qui n’avaient pas d’idée de projet mais qui étaient animés par l’envie d’entreprendre : ces personnes, à force de recherches et d’auto-évaluation, sont également parvenues à créer leur entreprise.

 

 Une idée de projet peut trouver son origine à différentes sources :

 

  • la plus simple pour ne pas dire la plus naturelle est celle qui repose sur ce qu’on aime faire: sans nécessairement parler de passions, le porteur de projet se lance dans une activité où il mettra en valeur un produit ou une action qu’il trouve plaisir à exploiter / réaliser / pratiquer quotidiennement ;

 

  • l’idée peut également provenir d’un constat fait par le porteur de projet : des lacunes à pallier ou des améliorations qui pourraient être apportées pour faciliter son quotidien ou celui de son entourage. Dans ce cas, ce sont ses qualités d’observation et d’analyse qui lui permettront de faire émerger une idée ;

 

  • le porteur de projet peut aussi exploiter ses compétences innées ou techniques acquises au cours de sa vie professionnelle pour en faire des « produits à vendre ». Les personnes qui ont davantage de difficultés à trouver ce qui leur convient peuvent réaliser un bilan de compétences qui leur permettra de mettre en évidence leurs points forts à exploiter vs. leurs points faibles, ainsi que ce qu’elles aiment faire vs. ce qu’elles n’aiment pas ;

 

  • des opportunités peuvent se présenter et mener à l’entrepreneuriat comme la reprise d’une entreprise.

 

Ce qu’il faut retenir est qu’une idée peut émerger de différentes façons : certains entrepreneurs ont plus de facilités que d’autres à en trouver. Mais plus que l’idée, c’est surtout l’envie d’entreprendre qui constitue le moteur le plus important.

 

Par ailleurs, il n’existe pas de mauvaises idées : une idée innovante n’est pas forcément un gage de succès ; inversement, exploiter différemment une idée ou un concept existant peut se révéler fructifiant. C’est la réalisation et les études de faisabilité en amont de la mise en œuvre de l’idée qui dicteront la réussite du projet.

 

Confronter l’idée

 Très clairement : il ne faut pas cacher son idée de projet à son entourage. Souvent, les porteurs de projet hésitent à en parler de peur qu’on ne la leur « vole ». Or, c’est une erreur de garder son idée pour soi car grand peut être le décalage entre « l’impression » qu’a le porteur de projet et la réalité perçue par son entourage.

 

Ainsi, pour éviter de faire fausse route, il est fortement recommandé de partager son idée avec des personnes de confiance (en évitant malgré tout, des personnes trop proches affectivement qui peuvent manquer d’objectivité) : celles-ci pourront réagir positivement, négativement ou être sans réaction face au projet.

 

Mais dans tous les cas, leurs (manques de) réactions seront des pierres à l’édifice du projet : peut-être n’auront-elles pas compris l’objet du projet dans sa 1ère expression auquel cas le porteur de projet devra retravailler sa communication ? Elles peuvent apporter des observations ou des critiques constructives. Elles peuvent être aussi sources d’idées nouvelles pour enrichir l’idée originale ou l’orienter vers des axes, des secteurs auxquels elle n’était pas destinée au premier abord, …  Très souvent, le projet final est très différent de l’idée de départ.

 

Dans un autre cas de figure, si les porteurs de projet sont plusieurs à s’associer autour d’un même projet, il est essentiel que chaque membre du groupe s’exprime et que tous les avis soient écoutés.

 

Dans ces 2 configurations, il faut faire preuve d’une grande écoute et de souplesse intellectuelle pour être en mesure de faire pivoter son idée : le meilleur porteur de projet est celui qui sait s’adapter à son entourage et qui ne reste pas enfermer dans son idée d’origine. 

 

Le porteur de projet face à son idée

 

       A/ L’adéquation homme / projet

 

Une fois l’idée trouvée et confrontée à son entourage, le porteur de projet doit s’assurer qu’il dispose de toutes les compétences nécessaires à la réalisation de son projet. Tant bien même son projet s’inscrirait dans un domaine où il détiendrait une certaine expérience, devenir entrepreneur requiert d’autres aptitudes que l’expertise du métier : le porteur de projet doit faire un « état des lieux » de ses compétences reconnues et celles à acquérir pour pouvoir appréhender son projet sereinement.

 

Refaire son CV peut être une étape utile pour y voir clair : mettre sur papier son expérience professionnelle, ses réalisations sans oublier ses « soft skills » c’est-à-dire ses qualités personnelles / humaines (capacité à résoudre des problèmes, à gérer une équipe, la créativité, l’empathie, la gestion du stress,…) est un moyen de faire ressortir ses atouts et ceux qui manquent à la réussite du projet.

A partir de ce constat, différentes alternatives peuvent s’offrir au porteur de projet : suivre des formations pour acquérir les compétences qui lui font défaut, s’entourer de partenaires disposant de ces compétences,…

 

L’objectif est d’établir une adéquation homme / projet évidente : le projet est porté par la bonne personne ou par les bonnes personnes si plusieurs sont nécessaires.

 

B/ Le timing et les points d’attention avant de se lancer

 Il n’existe pas de « bon moment » pour devenir entrepreneur : certains le deviennent à la fin de leurs études, d’autres après avoir accumulé plusieurs expériences professionnelles ou encore après une période de chômage.

 

Néanmoins, il convient de faire le point sur certains paramètres non négligeables avant de se lancer dans l’entrepreneuriat car démarrer une activité nécessite :

 

  • beaucoup de temps, d’énergie et de persévérance : a-t-on les ressources nécessaires à cette entreprise ?
  • l’appui notamment de sa famille: est-elle prête à soutenir le porteur de projet dans les moments d’incertitude ?
  • des prises de risques en particulier financiers : les débuts sont souvent difficiles et le porteur de projet se trouvera peut-être dans des conditions où il ne pourra pas se verser de salaire. A-t-il un « plan de secours » pour ces situations ? Est-il prêt à quitter le confort du salariat le cas échéant ?
  • une réelle motivation: les motivations de l’entrepreneur sont-elles « bonnes » ? L’entrepreneuriat est-il le seul moyen de réaliser l’objet de sa motivation ?

 

C/ La situation professionnelle

 Selon sa situation professionnelle, il peut exister des aides et/ou des facilités pour les créateurs d’entreprises :

  • Pôle Emploi propose des aides, des formations et d’autres formes d’accompagnement pour les personnes au chômage porteuses de projet ;
  • pour les salariés*, les solutions sont variées :
    • pour ceux qui souhaitent quitter leur entreprise pour lancer leur activité, il leur est fortement recommandé de parcourir la convention collective de leur société : certaines prévoient des aides financières dédiées aux démissionnaires pour création d’entreprise ;
    • pour ceux qui ne veulent pas quitter leur emploi, ils peuvent demander un aménagement de leur temps de travail pour mener les 2 activités en parallèle ;
    • sous certaines conditions, un congé sabbatique de 11 mois maximum peut être obtenu ;
    • un congé pour création d’entreprise peut également être envisagé ;

 

* pour les salariés souhaitant se lancer dans une activité identique à celle de la société qui les emploies : attention aux clauses d’obligation de loyauté, de non-concurrence et d’exclusivité normalement stipulées dans le contrat de travail.

 

La mise en œuvre du projet

 

            A/ Analyser l’environnement

 Un projet n’a de chance de réussir que s’il a fait l’objet d’une étude approfondie : l’étude de marché est une étape indispensable pour positionner au mieux son offre en faisant ressortir l’avantage concurrentiel du produit / service que l’on propose.

C’est un outil qui permet de faire un tour d’horizon complet de toutes les composantes du marché : sa taille, ses concurrents directs et indirects, ses environnements législatif et réglementaire, ses clients, …

Plus largement, le business plan qui est le document de référence en matière de création d’entreprise permettra de rassurer le porteur de projet et ses partenaires potentiels quant à la faisabilité et la rentabilité du projet : sa rédaction est fortement conseillé voire obligatoire si l’on cherche des financeurs externes.

 

B/ Tester l’idée

 Il est recommandé de tester l’idée à différentes phases de son évolution : le test consiste surtout à présenter son offre aux clients ciblés afin de recueillir leurs réactions et réadapter au besoin l’idée avant qu’elle ne prenne sa forme définitive.

D’un point de vue juridico-fiscal, la forme juridique de l’entreprise la mieux adaptée pour tester un projet est celle de l’entreprise individuelle avec le statut de micro-entrepreneur : en phase de test, c’est un régime très intéressant en particulier pour les prestations de services.

Pour les plus précautionneux, tester le projet en tant que micro-entrepreneurs pendant un congé sabbatique est idéal : à l’issue du congé, ils ont la garantie de retrouver un poste ou un poste équivalent dans l’entreprise s’ils souhaitent y revenir. 

 

C/ S’organiser dans le temps

 Le chemin de l’entrepreneuriat est long et rythmé par de nombreuses tâches à réaliser et des échéances à respecter : méthode et organisation sont des atouts majeurs pour des entrepreneurs, souvent seuls, qui réussissent.

 

La formalisation avec notamment la tenue d’un planning reste le meilleur outil pour avoir de la visibilité sur les différentes étapes de la création : lister toutes les tâches à réaliser, noter les rendez-vous importants (conférences, réunions,…), ne pas manquer des dates « stratégiques » (lancer son activité à certains moments de l’année peut être avantageux fiscalement,…), trouver ses collaborateurs, chercher des financements, choisir le bon statut pour son entreprise, l’immatriculer, … Tout autant de choses à faire et à anticiper qu’un entrepreneur en devenir doit garder à l’esprit.

 

Conclusion

 

La création d’une entreprise est souvent un projet de vie qui nécessite des concessions multiples (familiales, financières, en termes de temps et d’énergie).

Il existe de nombreux réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise (Agence France Entrepreneur, Réseau Entreprendre, Initiative France,...), certains étant dédiés aux femmes (Elles Entreprennent, Action’elles,…) ou aux personnes handicapées (Association nationale chargée de Gérer le Fonds pour l’Insertion professionnelle des Personnes Handicapées) : ne pas hésiter à prendre contact avec eux avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

 

 

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