La valorisation d’une entreprise pose toujours le problème de son exactitude dans la mesure où les paramètres qui peuvent s’appliquer sont nombreux. Cette situation est encore plus perceptible lorsqu’il s’agit d’une start-up, celle-ci disposant de peu de vécu pour pouvoir prouver sa valeur. L’idée est alors de réduire au maximum les incertitudes. Voici comment .

 

Valorisation en actualisant les cash-flows

La valorisation par actualisation de cash-flows se base sur les comptes de résultats prévisionnels établis sur 5 ans. Deux méthodes sont alors préconisées, la méthode de discounted cash-flow (DCF) et la méthode de Strategic Value Added ou Economic Value Added.

Ces méthodes présentent le risque de tomber sur des comptes prévisionnels déconnectés de la réalité.

En effet, le début des activités peut être trop optimiste, le taux de croissance annuel moyen du chiffre d’affaires peut aussi accuser une forte croissance ou une forte linéarité tandis qu’on peut faire face à des charges ou des besoins en investissement trop sous-estimés.

La solution est alors de trouver un terrain d’entente avec les dirigeants pour élaborer un business plan plus réaliste qui permettra de mettre au point un scénario dégradé, c’est-à-dire, avec des situations moins avantageuses comme un retard de démarrage, des charges prévues à la hausse…

En mettant en parallèle le scénario réaliste avec le scénario dégradé, il est possible d’obtenir une bonne fourchette de valorisation.

 

Valoriser par les comparables

La méthode précédemment citée peut être utilisée en parallèle avec une valorisation par les comparables. Il s’agit d’utiliser des comparables sur des transactions de même nature et des comparables basés sur les ratios d’industries similaires.

Il suffit alors de trouver des bases de données retraçant le montant de transactions récentes qui peuvent être des levées de fonds, des fusions… et ce, pour obtenir les montants des transactions et des ratios similaires évoqués plus haut.

Au final, la combinaison de ces méthodes de valorisation sert à sortir une fourchette de valorisation. Elle permet souvent de donner des estimations proches des valeurs obtenues par les investisseurs dans le cadre d’un adossement.

Il est aussi possible de pratiquer des analyses de sensibilité basées sur le taux de marge brute, la fluctuation du FBR et bien d’autres paramètres.

 

Comprendre les lacunes des méthodes de valorisation

Les méthodes de valorisation, bien que souvent contestées, se basent sur des hypothèses argumentées. Ce sont ces hypothèses qui peuvent être discutables, mais les méthodes en soi valent mieux que les projections qui se baseraient sur de simples intuitions.

Le business plan doit être réévalué avec intelligence et les méthodes de valorisation en constituent le moyen le plus efficace à condition de garder une certaine vigilance dans toutes les estimations.

 

Valoriser pour s’assurer d’un avenir certain

Quelles que soient les méthodes de valorisation retenue, il faut se rappeler qu’elles servent à imaginer le futur d’une start-up, celui que les investisseurs achètent. Ces derniers auront toujours tendance à diminuer les résultats de la valorisation et ce, en vue d’un résultat plus positif au terme de leur investissement.

D’ailleurs, d’autres opérations seront toujours sollicitées par les investisseurs pour minimiser leur risque, allant du bénéfice d’actions préférentielles à l’insertion de clauses qui leur sont favorables dans le pacte d’actionnaires.

 

Valoriser sans erreur

La valorisation d’une start-up ne doit pas partir d’une peur de dilution. Il n’est donc pas conseillé de s’adonner à des surestimations de l’entreprise au risque de valoriser de façon irréaliste au point de faire fuir les investisseurs potentiels.

Cet état d’esprit doit d’autant plus être écarté qu’il n’existe aucun risque de perte de contrôle de l’entreprise, les investisseurs préférant généralement garder les fondateurs au début de l’exploitation.

D’ailleurs, la question de la valorisation ne doit se poser qu’après quelques rencontres préalables. On évitera donc toute idée de valorisation à mettre dans l’executive summary.

 

Relativiser les ratios financiers

Il faut aussi savoir que les ratios financiers n’entrent pas principalement dans les priorités des investisseurs. Ils préféreront regarder le potentiel de l’entreprise, les perspectives de développement du chiffre d’affaires, mais aussi le cash burn de l’entreprise, c’est-à-dire la durée d’endurance de la start-up à partir de la levée de fonds.

Pour l’investisseur, le plus à craindre est en effet de devoir injecter des fonds six mois après la levée de fonds sans que la start-up n’ait atteint un minimum de développement. Les ratios jouent surtout auprès des banques dans le cadre de demandes de prêts.

 

Valorisation gagnant-gagnant

Une valorisation gagnant-gagnant est une valorisation qui tient compte à la fois des besoins en investissement des entrepreneurs et de la nécessité pour les investisseurs de réduire les risques.

Une levée de fonds impliquant plusieurs étapes de négociations, l’essentiel est de penser au long terme et d’offrir une valorisation réaliste pour garantir les résultats.